Transition écologique : de la parole à l’acte

  • Date: S4 2020
  • Interviewer: Mazars
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Les start-ups, accélérateurs de transition vers un monde bas-carbone

Transition écologique : de la parole à l’acte

En pleine mouvance écologique, conjuguant innovation et transition écologique, la Green Tech (ou Clean tech) française s’est instituée comme un véritable écosystème qui voit se développer de nombreuses start-ups et PME innovantes.

Fortes de leur agilité et du soutien des entités publiques (la communauté « Greentech » du Ministère de la Transition écologique est déjà riche de 170 start-ups et PME innovantes), ces entreprises participent à la transformation en profondeur de notre société et couvrent de nombreux aspects : efficacité énergétique, décarbonation de l’économie, énergies renouvelables, numérique responsable, neutralité carbone, bâtiment et ville durable, économie circulaire, santé-environnement ou encore écomobilité, et bien d’autres… Le chantier est immense.

Entretien croisé avec trois jeunes fondateurs de start-ups « vertes » : Tēnaka, Mob-Energy et Olenergies

Pour faire suite à la série “Transition écologique : de la parole à l’acte“, les équipes Énergie & Environnement de Mazars sont parties à la rencontre de trois jeunes fondateurs de start-ups “vertes”.

Julien Le Guennec
mob ion tenaka

Tēnaka, Mob-Energy et Olenergies nous font part de leur vision pour une transition énergétique, pratique, locale et mesurable.

  • Pourquoi ce saut dans le monde l’entrepreuneuriat green ?
  • Il y a un réel engouement et une accélération autour de la transition écologique, comment la vivez-vous de l’intérieur ?
  • Quel est le rôle de l’écosystème entrepreneurial dans la transition vers un monde bas carbone ?
  • Quelle est votre recette pour convaincre vos clients d’investir dans des technologies vertes ?

Découvrez leurs réponses au travers de cet entretien croisé

En quelques mots, quelle est votre mission ?

Je suis Julien Le Guennec, Président-fondateur de Olenergies, entreprise créée en 2018 qui conçoit, développe et fabrique des systèmes de stockages batteries connectés et intelligents en France. Pour résumer notre secteur d’activité, il y a deux grandes applications pour les batteries : la traction pour les voitures électriques et l’application « stationnaire » permettant d’accumuler de l’énergie souvent issue d’une énergie renouvelable intermittente (comme un panneau solaire, une éolienne etc.)

C’est principalement sur ce marché du stationnaire que nous intervenons avec trois grands usages de nos batteries : pallier l’intermittence des énergies renouvelables, électrifier le secteur naval et les infrastructures portuaires, et enfin assurer l’alimentation des bâtiments critiques comme les data centers et les hôpitaux, où l’objectif est de sécuriser l’approvisionnement électrique en cas de coupure. Nous sommes actuellement une quinzaine dans la société et accompagnés dans notre développement par les programmes Microsoft for Startups et SEAStart du Gican.

Pourquoi ce saut dans le monde de l’entrepreneuriat green ?

De formation en économie appliquée, j’ai commencé ma carrière chez un leader mondial de la construction navale. J’y ai travaillé sur des grands plans de construction dans le domaine des énergies marines renouvelables et ai développé cette nouvelle appétence concernant la problématique du stockage de l’énergie. Je me suis rendu compte qu’il y avait des solutions plus ou moins faciles et concrètes à déployer – sous réserve d’une équipe et d’un plan de financement solides. C’est dans ce contexte que j’ai créé Olenergies en 2018.

L‘entreprise est encadrée par les règles de l’économie sociale et solidaire : son objectif social est d’apporter des solutions à la transition énergétique, le stockage d’énergie son moyen pour y parvenir.

La batterie électrique est un grand besoin de l’humanité. À horizon 2050, la Chine s’est engagée et investit massivement pour être un leader incontesté sur trois points : l’Intelligence Artificielle, la 5G et… la batterie. Ce n’est pas un hasard, il y a un réel enjeu.

C’est là où nous intervenons, en nous inscrivant dans une dynamique d’indépendance et de réindustrialisation de la batterie en France.

“En Europe, le stockage n’émerge pas car il y a un grand nombre de défis structurants à relever sur l’ensemble de la chaîne de valeur .”

Olenergies développe des solutions innovantes, industrielles et digitales concentrées sur la maximisation de la valeur du stockage d’énergie. Notre objectif est de rapidement devenir un acteur mondial en développant une gamme modulaire de batteries de fabrication française et une solution software de management et d’optimisation énergétique nommée OlenPEPS.

Il y a un réel engouement et une accélération autour de la transition écologique : comment la vivez-vous de l’intérieur ?

Au-delà d’être à la mode, ce besoin d’écologie est très présent dans la population. Quelque chose change, accentué par cette année de crise sanitaire. C’est très encourageant, motivant et sans aucun doute moteur de nouveaux projets.

Plus concrètement, se lancer sur un sujet comme l’énergie implique de l’innovation, de nombreux leviers techniques, un très fort besoin de financements et de talents mais également une réelle capacité à prendre des risques pour des innovations disruptives. On comprend donc que la question de l’équilibre budgétaire et de l’accompagnement se pose à tous, il ne faut surtout pas s’isoler ! Je suis convaincu que ce qui a permis à Olenergies de réussir son démarrage est l’accompagnement dont l’entreprise a bénéficié. Dès le départ, j’ai été accompagné par deux organismes : Réseau Entreprendre, puis France Active Garance qui a un rôle auprès des entrepreneurs sociaux. Ils m’ont notamment alloué des fonds et une équipe, coup de pouce d’autant plus important lorsqu’on est seul associé. Aujourd’hui, nous avons trois organismes de financement bancaire : France Active, la NEF (New Ethical Finance) et le Crédit Coopératif. Ces différents outils m’ont vraiment permis d’avancer, il faut frapper aux bonnes portes.

Entreprendre, c’est risqué, car lorsqu’on y met une dose d’écologie ou toute autre originalité, la dimension éthique et responsable de l’ensemble de nos décisions est accentuée : le choix le plus capitalistique, opportuniste et alléchant entre parfois en désaccord avec notre ADN. Par exemple, nos batteries sont malgré nous très adaptées au marché de la Défense. Cela nous oblige à nous remettre en question, réinterroger nos fondamentaux : pourquoi a-t-on fondé Olenergies ? Quelles sont nos valeurs ? Et trouver les bons compromis. Pour revenir au financement, un banquier voit souvent dans un projet à fort impact écologique ou innovant un risque potentiel, et c’est compréhensible. L’exemple des statuts ESS en est une bonne illustration. Nous sommes agréés ESUS par l’État, c’est-à-dire d’utilité sociale pour la transition énergétique. D’un point de vue financier, cela va impliquer un plafonnement des salaires, une distribution de dividendes très encadrée, la mise en place d’un comité de gouvernance démocratique… Dans ce cadre apportant davantage de contraintes, l’engagement bancaire traditionnel est souvent plus frileux. Cela créée une rupture entre la logique d’investissement et le monde réel.

Quel est le rôle de l’écosystème entrepreneurial dans la transition vers un monde bas carbone ?

Pour moi, les startups sont des laboratoires à idées. Nous sommes là pour créer des solutions et approches nouvelles, créatives mais concrètes. Nous développons des innovations de rupture, non seulement technologiques mais aussi au niveau des modèles d’affaires, de l’implication sociale et de l’écologie, avec la prise en compte du coût carbone dans le développement de nos solutions. Par ailleurs, nous devons trouver notre marché très rapidement, c’est notre seule chance dans la mondialisation actuelle. Il faut donc des solutions novatrices et applicables, de l’agilité et surtout il faut des talents ! En revanche, du point de vue de la survie, nous sommes plus fragiles, nous nous devons de mettre en œuvre nos projets plus rapidement et de façon plus flexible.

Quelle est votre recette pour convaincre vos clients d’investir dans des technologies vertes, certes vertueuses, mais peut-être moins rentables à court terme ?

Chez Olenergies, c’est l’argument durable au sens propre qui prime : nous proposons des solutions à très grande durée de vie. Au-delà d’un argument de communication un peu galvaudé, c’est une réalité que l’on peut démontrer et qui devient un argument de rentabilité : du fait de l’accroissement fort de la durée de vie de nos systèmes par leur digitalisation, ils deviennent très rentables. Par exemple, les systèmes de stockage chinois sont généralement surdimensionnés à hauteur de 1,6 fois pour atteindre la durée de vie cible d’un projet. Chez Olenergies, la qualité de conception et l’utilisation de techniques d’optimisation par le digital permettent un dimensionnement au plus juste. Par ailleurs, notre industrialisation 4.0 et l’augmentation des capacités de production qu’elle induit rendront nos systèmes de stockage encore plus compétitifs et réduiront les coûts d’investissement pour nos clients.

People – Planet – Profit ça vous parle ?

Oui bien sûr, c’est complétement intégré à la société. C’est dans notre ADN et c’est inscrit dans nos statuts ! Les équipes sont portées par notre engagement dans l’économie responsable et par nos développements technologiques innovants. Ces deux piliers de la culture d’entreprise font notre différence. Chacun apporte ses compétences et son envie de progrès et de changement.

Pour le mot « planet » je dirais que l’on s’inscrit vraiment dans les équipements qui vont accompagner les énergies renouvelables. On peut mesurer très facilement l’impact de nos systèmes : nos logiciels intègrent des indicateurs qui mesurent cet impact écologique.

La neutralité carbone est à l’agenda de nombreuses organisations. Intégrez-vous cet objectif dans votre feuille de route ?

Absolument. Nous mettons en place des indicateurs dans nos plateformes de développement pour l’écoconception de nos produits. En 2021, nous lançons la construction d’une usine 4.0 qui se caractérise par l’intégration des technologies numériques dans les processus de fabrication pour une production plus flexible. Cette usine a comme objectif d’être à énergie positive, la production sera maximisée en fonction du coût de l’énergie et de sa disponibilité au cours d’une journée.

Côté produits, nous apportons des solutions aux industriels qui veulent aller vers la neutralité carbone. Par exemple, Microsoft est notre accélérateur sur la gestion de notre plateforme d’optimisation des réseaux électriques et de supervision. L’objectif de Microsoft, au-delà de nous aider et de nous faire monter en compétences, c’est de voir émerger des solutions qui vont lui permettre – à son échelle – de remplir sa promesse de neutralité carbone sur ses data centers en 2030. Pour ce faire, ils ont besoin de batteries vertes ! C’est un véritable cercle vertueux.

Si l’on souhaite regrouper les trois mots « People – Planet – Profit », je pense que c’est tout à fait possible mais il faut le faire de manière cohérente. Mesurer l’impact carbone de production de nos produits est un exercice complexe et coûteux  ; il convient de faire une analyse de cycle de vie complète à commencer par les matières minérales brutes comme le lithium et jusqu’au recyclage. Nous avons engagé ce travail sur un premier produit et en partenariat avec l’Institut pour la Transition Énergétique Efficacity. Il s’agit de « l’OlenMove », un système mobile d’accès à l’énergie remplaçant les groupes électrogènes. Un de ces systèmes est installé sur l’esplanade de La Défense, il est utilisé pour alimenter des foodtrucks. Nous avons une roadmap très ambitieuse d’écoconception et de production 100% made in France, pour un impact positif !

Enfin, nous avons déposé un programme d’investissement d’avenir auprès de l’ADEME, qui nous permettra de maximiser très fortement les gains carbone par l’utilisation de batteries sur les réseaux smartgrid. Les gains carbone cibles sont considérables.

Julien Le Guennec

Président-fondateur, OLENERGIES

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